Le Fentanyl


Attention aux opioïdes


On parle de plus en plus dans les revues médicales du mésusage d’une classe de médicaments antidouleur prescrits par les médecins et pris parfois en trop grande quantité par dépassement de la prescription : les opioïdes. Et pour cause, puisque les centres de vigilance nous signalent des décès dus à cet abus dont le nombre fait frémir : 115 décès par jour aux Etats –Unis et plus modestement 4 par semaine en France. Mais il vaut mieux prévoir que guérir !

En France ils sont de plus en plus prescrits car la population vieillit et les douleurs liées à l’âge sont bien soulagées par ces médicaments. Leur promotion qui est liée à la rapidité de leur effet est un facteur naturel de la surdose. Bien entendu le nombre d’hospitalisations pour surdosage ne cesse de progresser en France.

Le profil du patient incriminé montre qu’il s’agit le plus souvent de sujets du sexe féminin et d’un âge supérieur à 50 ans.

Devant une telle mortalité, bien que ce soit loin de ce que l’on constate aux Etats-Unis, les autorités sanitaires sont conscientes qu’il faut que les prescripteurs soient informés et formés et que les utilisateurs prennent conscience du danger des abus. Il faut mettre en place un plan de prévention avant que ça ne s‘aggrave.

Quelques questions se posent : De quels médicaments s’agit-il ?

C’est une catégorie de médicaments dont le principe actif a le même effet sur le cerveau que la morphine. Leur nom est bien connu, les spécialistes citent le Tramadol, la Codéine, la poudre d’opium, l’Oxycodone et le Fentanyl et d’autres encore…
Les spécialistes parlent d’opioïdes dits « faibles » (codéïne, tramadol,opium) prescrits de plus en plus en France chez des millions de malades, et des opioïdes dits « forts » (morphine, oxycodone, fentanyl) Le problème étant moins la force du produit que l’abus qui en est fait.
L’oxycodone et le Fentanyl sont les plus incriminés dans la crise dramatique qui frappe les Etats-Unis.
Dans l’ordre dégressif des abus : Tramadol, Morphine, Oxycodone

Pourquoi dépasser les doses prescrites ?

Ces médicaments induisent une très forte dépendance. Comme le cerveau des utilisateurs s’y habitue leur effet s’estompe et le besoin d’accroitre les doses s’impose pour garder le même effet antalgique. Quand les doses sont trop importantes ces médicaments ralentissent la respiration et on arrive à des overdoses mortelles par dépression respiratoire.

Quand le sujet veut revenir à des doses plus basses, il souffre alors de ce que l’on nomme le syndrome du sevrage. Ce sevrage s’installe quelques heures après la dernière prise et peut durer deux à trois jours. Selon l’opiacé utilisé il peut durer plus d’une semaine.
Le patient en overdose et qui arrête ressent une grande anxiété et un besoin impérieux de reprendre le médicament, sa respiration et son rythme cardiaque s’accélèrent, sa tension artérielle augmente, il a mal à l’estomac, ses pupilles sont dilatées…Il y a trop de signes que je ne peux vous décrire car ils dépendent de chaque individu.

On conseille dans ces cas d’urgence d’utiliser la naloxone qui est un antidote.
La naloxone a pour effet de décrocher la morphine et en général tous les opiacés des récepteurs cellulaires où ils sont accrochés et d’où ils agissent. Leur effet disparaît alors et si le malade est dans le coma, il se réveille sauf si d’autres médicaments ont été pris en plus des opiacés.

Pr Albert CALLIS février 2019


Lectures conseillées
Le Mode D’action Des Opiacés
Crise des opioïdes : comment l’Agence du médicament compte éviter l’emballement en France



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