Un bon entraîneur vaut mieux que mille scientifiques


Une histoire vraie vécue par la Pr Albert Callis


Cette histoire est une histoire vraie

J’étais considéré à ce moment-là comme un des scientifiques médicaux compétents en médecine du sport à la Faculté de Médecine de Montpellier.
On fit appel à moi pour chercher à comprendre les causes d’une baisse de forme d’une toute jeune fille de Sète qui était douée en tennis et dont les performances étaient sur une mauvaise pente.
J’allai avec mon équipe sur le terrain la voir jouer et faire sa connaissance.
Effectivement je constatai qu’elle s’épuisait rapidement sans en deviner la cause.
La décision fut prise de la tester à la ville d’Arles contre son entraîneur et de faire des prélèvements sanguins pour doser les gaz du sang, l’équilibre acido-basique et les lactates car un laboratoire de la ville mettait gratuitement ses appareils de mesure à notre disposition.

Il fallait trouver une explication scientifique à cette situation et les scientifiques que nous étions représentaient l’ultime moyen pour y arriver.

Si les Professeurs n’y arrivent pas, qui pourrait y arriver ?

L’expérience se déroula en Arles dans un court entouré de grillage.
Nous étions tous présents, la jeune fille renvoyait les balles de son entraîneur et nous faisions les prélèvements sanguins qui partaient immédiatement au Laboratoire d’analyses.
Sa fatigue commençait à apparaître.
Soudain je vis que l’entraîneur du court voisin qui avait terminé sa leçon était appuyé sur l’autre côté du grillage et nous observait.
Il me fit un petit signe, je m’approchai de lui, et il me demanda ce que nous faisions.
Je lui expliquai notre problème.
Il me regarda en souriant et me dit :
« Cette fille ne sait pas respirer, regardez, elle garde la bouche fermée et les lèvres pincées depuis le début »
Je ne pus que constater qu’il avait raison.
Je demandai alors d’interrompre l’expérience et remerciai ce charmant conseiller qui avait l’œil du spécialiste, moi qui n’avais que la science.
Ce jour-là je compris que « à chacun son métier » avait un sens et qu’une équipe toute scientifique qu’elle soit doit avoir avec elle des gens du métier.
Le bon sens est une qualité qui n’est pas dans les livres.


La science infuse n’existe pas. Il faut d’abord bien observer. Parfois les raisons d’un échec sont évidentes et simples et on se complique la vie en cherchant des explications scientifiques.

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