Question Entrainement



bonjour albert
je vous livre une étude présentée par serge cotterau concernant la course à pied de fond

1/ entraînement comportant un grand pourcentage en résistance dure (anaérobie) : progression rapide pendant une courte période puis régression et enfin effondrement des résultats

2/ entraînement trop exclusivement axé sur la résistance douce et négligeant l’endurance : progrès rapide pendant une assez longue période 1-2-3-ans puis longue stagnation et enfin baisse des résultats

3/ entraînement exclusivement axé sur l’endurance particulièrement favorable pour la santé : progrès lents et continus ur plusieurs années puis stagnation sans régression des résultats

4/ entraînement harmonieux en endurance et résistance douce (avec éventuellement un petit pourcentage en résistance dure) c’est celui qui permet le meilleur résultat final

vos commentaires
peut on appliquer ces principes en musculation générale

merci albert
amitié et à bientot


REPONSE

Henri,
Votre question est tout un programme ! Je pense que c’est difficile de donner de tels conseils qui sont certainement pleins de vérités, mais il faut aussi comprendre que les vrais coureurs de fond ont des particularités personnelles qui doivent quand même obliger les entraîneurs à personnaliser chaque programme de préparation en fonction de la personnalité de chacun, de l’époque, de la saison, de l’état de disponibilité, du psychisme et surtout, oui surtout de la course que l’on prépare, car vous savez mieux que moi quelle est l’importance de la préparation selon la distance à parcourir.
On peut dire effectivement que le 1/ de préparation en résistance pure et dure n’est pas une bonne préparation pour celui qui a un effort d’endurance à effectuer. C’est une évidence. Je ne comprends même pas pourquoi il devrait avoir une progression rapide. Progression en quoi ?
Le 2/ est également néfaste puisqu’il néglige l’endurance, mais comme son travail en résistance est doux, il peut tenir un peu plus longtemps.
Le 3/ est bon pour la santé et pour le fond, il est en endurance, mais il néglige totalement la résistance, et par là ne peut être parfait.
Le 4/ est effectivement le meilleur, pour des raisons de logique. Il fait travailler les fibres rouges aérobies peu fatigables de l’endurance (comme le 3/) mais en plus il fait travailler un peu ses fibres blanches anaérobies qui seront utilisées dans les petites accélérations du départ, pour doubler rapidement des concurrents et éventuellement assurer un sprint à l’arrivée.
Il faut penser endurance en course de fond, comme vitesse de croisière, à 60 % de la VO2 max. au plus, avec un pouls bien régulier, et résistance avec des accélérations en vitesse pure de déplacement, à 90 et 100 % de la VO2 max. et à la fréquence cardiaque de 220 moins l’âge.
Quant à la musculation, c’est à mon avis un autre problème car il faut travailler le muscle sur des critères différents afin d’obtenir force et volume, et la résistance joue un rôle primordial.
Le muscle travaille en tension, la force lui permettant de s’opposer à une résistance donnée.
La musculation utilise des efforts en isométrique, sans changement de longueur du muscle, ce que la course n’apporte pas.
Le mot endurance en musculation, n’a pas le même sens qu’en course à pied, car en musculation, l’endurance d’un muscle se définit comme le contraire de la fatigue. On dit en musculation qu’un muscle qui se fatigue rapidement a peu d’endurance.
Plus le muscle possède de la force, et moins il se fatigue, donc plus de force = plus d’endurance. La force se développe avec peu de répétitions en charges élevées, et l’endurance avec beaucoup de répétitions et charges légères.
Par conséquent on ne peut pas, à mon avis, comme les mots n’ont pas le même sens, transposer directement les règles des courses de fond aux programmes de musculation.
Par contre, ce qui est vrai, c’est qu’il faut, en musculation, réfléchir sur l’intérêt des entraînements en isocinétique, isotonique et isométrique, car chacun présente des avantages et des désavantages. Comment les équilibrer dans le temps en les utilisants tous plus ou moins, afin que la musculation soit harmonieuse et durable ?
That is the question !
Amitiés
Albert
Post scriptum. Que devient la bradycardie Jean-Marc ?


0 vote


Inscrivez-vous à notre NEWSLETTER, recevez nos CONSEILS et tenez-vous au courant de l'actualité médico-sportive