Question Malaise



Dernière semaine préparation marathon Après une séance de 1h15 dont les 20 dernières minutes en résistance dure, une heure et demie après je fus pris d’un vertige et de suées, limite nausée(absence de colation), est ce une contre indication pour mon marathon du 30/11/2003 ? Y-a-t-il surentrainement ?


REPONSE

Arnaud,
Je suppose que vous avez lu sur le site les signes du surentraînement notamment dans la rubrique 1000 questions où il y a de nombreuses références, ainsi que dans Travaux d’étudiants où figure un travail excellent sur le surentraînement rédigé par des étudiants. Vous avez aussi le surentraînement plus bas page d’accueil dans l’encyclopédie.
Le syndrome de surentraînement est composé d’un ensemble de signes dont certains sont discrets et d’autres plus visibles. Il s’agit de problèmes à la limite de la perte de confiance en soi, d’un comportement relationnel qui est modifié, d’isolement, de troubles se l’appétit, de fatigue de type chronique, récupération difficile, bref cela se passe à la fois dans le corps et dans la tête. Le fait que vous me posiez la question est déjà en faveur d’autre chose que de surentraînement. Si cela avait été le cas, vous auriez abordé le sujet différemment et vous n’auriez peut-être même pas eu envie de me poser des questions.
Il est difficile de porter un diagnostic sur votre malaise, car seul un médecin ayant ausculté votre cœur et pris votre tension, voyant si vous étiez pâle et froid, si vous aviez des réflexes normaux, bref ayant réalisé un examen médical, et ayant prélevé du sang pour analyse de certains paramètres, aurait pu éventuellement vous répondre. Et puis Internet n’est pas un domaine dans lequel on puisse poser un diagnostic.
Mais cela ne nous empêche pas d’émettre des hypothèses qui resteront à vérifier.
Pour ma part, je pense que vous avez réalisé une classique hypoglycémie dont vous décrivez les signes essentiels. En voilà l’explication : votre marathon n’a pas été planifié comme il fallait. Pendant un temps assez long de l’ordre de une heure, vous avez couru en endurance et vos fibres ont utilisé pratiquement 90 % de leurs réserves de glycogène. Puis, pendant les 15 à 20 dernières minutes, vous avez fait de la résistance dure. C’est là qu’est l’erreur, dans la durée trop importante de cette fin de course. A ce moment-là, vos muscles ont sollicité les fibres blanches déjà bien vidées de leur contenu glycogénique, alors que vous auriez dû brûler des lipides en restant encore quelques minutes en endurance pure. Ayant re-sollicité et épuisé les fibres blanches en cette fin de course, vos cellules ont fait appel au glycogène hépatique qui a dû également être épuisé en fin d’épreuve.
Vous avez réussi à terminer le marathon, mais en phase de récupération, les muscles et le foie doivent reconstituer les réserves épuisées. Pour la reconstitution des réserves glucidiques hépatiques et musculaires il leur faut du glucose qu’ils « piquent » dans le sang. Le foie essaie de se débrouiller en faisant du glucose avec les lactates et quelques acides aminés, mais les muscles n’ont d’autre source de glucose que le sang. Et c’est à peu près une heure et demie après que les besoins musculaires sont les plus forts. Le sang étant appauvri en glucose par ce pompage musculaire, il se produit une hypoglycémie et le cerveau privé du glucose sanguin donne des signes cliniques classiques de l’hypoglycémie qui sont ceux que vous décrivez si bien. Il y a un facteur qui va dans le sens de ma supposition, c’est que vous n’avez pas pris de collation en fin de course. Et si vous n’avez même pas bu, vous avez cumulé l’hypoglycémie à des troubles de déshydratation.
Par conséquent, il faut peut-être repenser votre tactique de course en limitant la durée de la dernière partie que vous nommez résistance dure et vous préparer à concevoir un mode d’alimentation et de réhydratation après vos marathons. Il faudra prendre des boissons pour l’endurance avant et pendant l’épreuve et consommer des aliments et boissons contenant des sucres rapides dès la fin de la course. Puis pensez aux sucres lents et aux protéines, ces dernières devant arriver au moins deux heures après l’effort, quand le muscle en a le plus besoin.
En conclusion, je vous conseille de rendre visite à votre médecin traitant pour une mise au point vérifiant la fréquence cardiaque et la tension artérielle après un effort banal, peut être vérifier avec lui les paramètres sanguins habituels avec glycémie à jeun, calcium, magnésium, fer, etc.(il sait autant que moi ce qu’il faut demander), et surtout vérifier si vous n’êtes pas en incubation d’une maladie infectieuse, n’oubliez pas que la grippe n’est pas loin ! Surveillez votre température.
Si tout est OK après cette visite, l’hypothèse de l’hypoglycémie sera renforcée.
Dans ce cas, rien ne semble s’opposer à votre prochain marathon.
Bonne course.
AC


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