Question Ski



nous faisons notre TPE sur la preparation physique des skieurs et nous faisons une partie qui concerne leur alimentation pendant la saison de competition et aussi dans leur periode d’entrainement. Merci


REPONSE

Fanny,
Votre sujet est intéressant, mais il faudra peut-être choisir pour plus de facilité dans ce travail de vous limiter au ski de fond car il est vraiment un sport à part et mieux étudié que les autres formes de ski.
Dans un excellent travail publié en 1980 par le professeur R. Montpetit de Montréal, on comprend que l’importance des dépenses énergétiques de ce sport exigeront des apports alimentaires nécessaires à un métabolisme aérobie, dont l’essentiel est glucidique.
Les forces sont celles de déplacement du centre de la masse du corps vers le haut et le bas, l’accélération et le freinage des bras et des jambes, l’énergie nécessaire à vaincre la résistance de l’air, la friction des skis sur la neige, et l’énergie indispensable pour la vie de l’organisme à basse température. Bien entendu, le profil du terrain selon qu’il sera plat, descente ou montée, interviendra dans les dépenses énergétiques. Sur terrain plat, le plus facile à contrôler pour faire des comparaisons, les physiologistes ont mesuré des dépenses énergétiques allant de 310 à 390 kJ / km, les différences étant liées au niveau du skieur, du randonneur moyen au skieur de haut niveau, mais également dues à des facteurs individuels. Il peut y avoir des différences de l’ordre de 18 % entre des skieurs de haut niveau (conditions de l’expérience, température, type de neige, de ski, chaussures…)
Par rapport à la course, l’élévation du centre de gravité du corps est plus faible en ski, ce qui fait que la dépense énergétique liée au poids prend ici une part plus faible dans la dépense totale, les légers et petits sont donc moins avantagés qu’en course.
Si la pente augmente de 12°, la dépense d’énergie augmente de 127 %. Pour la consommation d’oxygène qui a été mesurée, chaque degré de pente l’augmente de 2,6 ml par kg et par 100 mètres.
Dans le meilleur des cas, le rendement mécanique est de l’ordre de 25 %, ce qui signifie une énorme perte en chaleur.
La consommation maximale d’oxygène (VO2 max.) est très élevée, c’est même la plus élevée de tous les sports, elle peut atteindre jusqu’à environ 80 ml / kg / min.. Un skieur de randonnée utilise au maximum 50 % de cette VO2 max. alors qu’un skieur de fond se situe entre 80 e 85 % de cette valeur.
Les grands champions sont donc caractérisés par une VO2 max. élevée, et par le fait qu’ils sont capables de rester longtemps (plusieurs heures) à un % élevé de cette VO2 max.
Leur entraînement en endurance leur a permis de développer les réactions chimiques énergétiques de combustion des lipides, ce qui fait qu’ils épargneront plus longtemps les stocks de glycogène musculaire. Les skieurs qui avaient la plus grande endurance étaient ceux dont les muscles consommaient le plus de lipides. Mais la répartition de la consommation glucides / lipides, est également dépendante de l’intensité de l’effort, les efforts les plus intenses étant de gros consommateurs de glucides.
Il leur faut donc énormément de glycogène et des lipides pour assurer l’effort à accomplir.
Compte tenu de ces exigences métaboliques, et en généralisant pour toute forme de pratique de ski, sachant aussi que l’altitude accroît les besoins énergétiques et facilite la fatigue, étant donné que l’air sec des montagnes facilite la déshydratation, l’alimentation doit être adaptée.
En période de repos, de façon générale puisque c’est la vie en altitude qui est fréquente chez ces gens-là, en conservant toujours une alimentation équilibrée, on va privilégier les apports glucidiques.

Glucides
Les féculents comme le riz, les pâtes, la semoule, les légumes secs, les pommes de terre à chaque repas, en tenant compte des goûts et des susceptibilités digestives de chacun surtout pour les féculents qui peuvent dilater l’intestin. On ajoutera des légumes verts de saison si possible.
Protides
Apport protéique normal sauf chez les sportifs de très haut niveau qui sont soumis à des séances de musculation et qui ont des besoins protidiques accrus. Pour les autres, 100 g de viande à midi, avec des laitages au moins 3 fois par jour (yaourts, fromages, etc.), et le soir 150 g de viande si possible maigre, volaille, poisson, foie.
Lipides
Normal mais avec des huiles variées (olive, colza, soja…) pour faciliter la mobilisation des graisses de réserve.

Quelques jours avant l’effort, augmenter l’apport en glucides par fruits, jus de fruits, fruits secs, céréales, pain, gâteaux de riz, pain d’épices, barres de céréales du commerce.
Les laitages, les œufs le jambon, seront des apports protéiques de base mais il faudra penser à une bonne hydratation.
Il y aura trois repas plus une collation qui comprendra le laitage les barres de céréales, les biscuits de type diététique , les fruits et jus de fruits, le pain d’épice.
Pour éviter les dilatations et flatulences, on veillera à éviter les graisses de cuisson, les fritures, et certains féculents et légumes comme les choux et les oignons.
Les aliments qui provoquent de fortes quantités de gaz intestinaux sont en général : oignons, haricots secs, céleri, carottes, raisins secs, bananes, abricots, jus de prune, bretzels, germe de blé, choux de Bruxelles.
Les trois repas seront surtout à base de glucides lents à faible index glycémique signalés ci-dessus (voir l’encyclopédie colonne de gauche du site page d’accueil à index glycémique)

Le jour de la compétition, prendre le dernier repas deux à trois heures avant le départ. Repas riche en glucides, pauvre en graisses et facile à assimiler, en tenant compte des goûts alimentaires du sportif (par exemple pas de riz s’il préfère les spaghettis, le riz arrivant au dessert avec le gâteau). Les bananes, yaourts, lait semi écrémé, pain, biscuits, miel, compotes et confitures seront conseillés. Penser qu’il fait froid et qu’il est agréable de boire du thé, du lait ou du café bien chaud.
Penser à l’hydratation en buvant des jus de fruits et de l’eau. On peut boire un demi verre d’eau toutes les 15 minutes pour lutter contre l’angoisse et le stress.
Pendant l’effort, il existe des boissons énergétiques spécialisées (renseignez-vous dans les revues pour sportifs) car la publicité est dangereuse. Boire chaque fois que c’est possible, prendre des barrettes énergétiques et autres produits de ce type du commerce, ou des pâtes de fruit et chocolat.
Après l’effort boire de l’eau si possible bicarbonatée pour combattre l’acidose lactique et revenir dès que possible aux glucides et laitages. Si la compétition est de longue durée, on conseille de prendre des compléments protéinés au bout de quelques heures pour reconstruire les fibres musculaires détruites (voir notre publicité sur les compléments protéinés eureka-pro en page d’accueil)
Si les conditions de compétition sont très difficiles, voyez au glossaire colonne de gauche page d’accueil la lettre R « régime dissocié »
Je vous donne également quelques notions lues dans un ouvrage de diététique sportive de Creff (Masson éditeur) : On a cité une dépense de 7000 kcal pour une course (Vasaloppet) alors que normalement il faut de 4000 à 6000 kcal. Il faut donc dans certains cas se restaurer en cours de compétition tous les 20, 30 ou 50 km. Quand la température est très basse il faut aussi des lipides, et on conseille, au milieu du repas, une cuillère à soupe de confit d’amandes, de crème de noisette ou de beurre de cacahuètes.
Les auteurs préconisent pour une course de 50 km d’absorber 100 g de sirop de myrtilles ou 100 g d’eau chaude contenant 20 g de miel, aux km 10, 20, 30, 38 et 46. En plus, aux km 10 et 30, l’ingestion de 60 g de pâte composée de 40 g de steack haché cuit, mélangé à 20 g de confit d’amandes ou à 30 g de beurre de cacahuètes.
A ce propos, compte tenu du goût que doit avoir cette préparation, je conseille personnellement de préparer le sportif à cette alimentation pendant les entraînements pour voir si son estomac l’accepte.
Ces auteurs disent aussi qu’il faut boire modérément pendant l’épreuve, (pas plus d’un litre de boisson chaude pendant la course), mais qu’il faut surtout boire pendant l’entraînement et avant la course.
On conseille également un supplément en vitamine A pour la protection visuelle en tant que lutte contre l’éblouissement.
J’espère que vous aurez trouvé suffisamment de données pour construire votre exposé.
AC


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