Question Stress



bonjour,
je suis un étudiant de deuxième année de deug Mias et je suis actuellement en préparation d’un dossier sur les bienfaits d’uneactivité physique et/ou sortive sur le stress.
pensez vous que le sport a un quelconque effet sur la respiration et le sommeil sachant que ces deux notions sont les fondamentales pour combattre le stress.
merci beaucoup et au revoir


REPONSE

Samir,
Question difficile car le stress est une affaire compliquée, bien connue des physiologistes, mais aussi une affaire de psychiatres.
Du point de vue physiologie, ce qui ne vous intéresse pas à priori, il y a dans le stress une action de l’adrénaline, de la noradrénaline, des gluco-corticoïdes, du système rénine-angiotensine, de la vasopressine et des endorphines. Si cela vous paraît important nous pourrons en discuter dans un autre contact. Mais disons quand même qu’un neuro transmetteur peptidique comme la bêta endorphine joue un rôle majeur en régulant les conduites émotives et en modulant la libération d’autres neuro transmetteurs actifs sur l’apprentissage et sur la mémoire. Or il est prouvé qu’une activité physique augmente la sécrétion de bêta-endorphines.
Je répondrai à votre question en citant quelques passages d’une conférence du docteur Fabien Durif de la Faculté de Médecine de Toulouse (Le sportif face à lui-même, 20 janvier 1997) Je cite :
« Lors d’une première étude menée il y a deux ans, auprès de 164 sportifs de haut niveau, j’avais montré qu’ils étaient beaucoup moins anxieux et déprimés que ceux qui ne faisaient pas de sport. Je leur avais fait passer une échelle d’anxiété et une échelle de dépression. Près de 50 % des adolescents tout venants étaient dépressifs contre seulement 25 % des athlètes.
L’an dernier (donc en 1996) j’ai voulu aller au-delà et comprendre pourquoi les athlètes affrontaient mieux le stress de l’adolescence. Je me suis servi d’une théorie nouvelle, américaine, le « coping »* : l’ensemble des efforts psychiques et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources de l’individu, c’est à dire l’ensemble des moyens mis en œuvre pour gérer le stress. Le coping peut se diviser en stratégie adaptative ou non adaptative.
Il y a deux ans j’ai participé à l’élaboration d’une échelle de coping, axée autour de 3 champs : l’action, l’information et l’émotion, c’est à dire que face à un stress on peut agir, rechercher une information, être débordé par ses émotions ou les contrôler. Elle était axée autour de 6 dimensions : la focalisation (se centrer sur un problème), le support social, le retrait, la conversion (se convertir aux valeurs des autres), le contrôle, le refus.
En croisant les 3 champs et les 6 dimensions, nous obtenions 18 stratégies dont certaines étaient positives, axées autour du support social, la focalisation par l’action, le contrôle émotionnel, et d’autres étaient négatives comme le retrait, le refus. Ces champs ont donné lieu à une échelle de coping avec 54 items. Trois groupes d’adolescents ont été testés :

Un groupe de 44 rugbymen, de haut niveau, 16 ans de moyenne d’âge
Un groupe de sportifs occasionnels qui jouaient une fois par semaine
Un groupe de 43 adolescents non sportifs qui ne faisaient pas du tout de sport en dehors de l’école.
Chaque groupe a rempli les 3 échelles de dépression, d’anxiété et de coping toulousaine. Au niveau de l’échelle de dépression, les résultats ont confirmé les résultats de l’année précédente : 25 % seulement de déprimés chez les sportifs de haut niveau contre 40 % chez ceux qui ne pratiquent pas du tout de sport. Ceux qui pratiquent du sport occasionnel présentaient un score intermédiaire de 33 %. Pour l’anxiété, le score augmente de 4 à 6 en fonction de l’intensité de l’investissement.
Pourquoi les sportifs sont mieux armés ?
Les stratégies étaient classées en coping positif et coping négatif. Les sportifs de haut niveau ont plus utilisé le coping positif, ils ont un score de 89, alors que ceux qui ne font pas de sport ont un score de 87.
Inversement pour le coping négatif, les sportifs obtiennent une note de 63 et ceux qui ne font pas de sport une note de 70.
Du tableau, il apparaît que les sportifs de haut niveau utilisent plus les stratégies positives, le support social , la focalisation par l’action, le contrôle émotionnel. Par contre ils utilisent moins le retrait, le refus. Ils se replient moins et ne refusent pas de parler de leurs problèmes. D’après ces résultats, on voit les effets bénéfiques du sport à l’adolescence, essentiellement par le support social, entraîneur, amis, parents. »
….Mr Martinez dans la discussion dit « La régulation par le biais de l’entraînement est fondamentale. Je pense qu’il faut faire l’apprentissage de l’autonomie chez l’athlète pour qu’il puisse s’adapter au mieux à la situation de stress lors de la compétition. L’entraînement ne doit pas être que le développement des capacités physiques mais aussi le développement de qualités cognitives, être capable de systématiser certains comportements à un moment donné face à une situation nouvelle. »
Voilà pour un début, revenez quand vous aurez tiré profit de ces données. Pourquoi ne contacteriez-vous pas le docteur Durif à Toulouse ?
AC
* to cope = répondre, parer, faire face à, réagir efficacement, s’adapter.


0 vote

Articles les mieux notés de Stress


Inscrivez-vous à notre NEWSLETTER, recevez nos CONSEILS et tenez-vous au courant de l'actualité médico-sportive